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samedi 24 décembre 2011

De génocide en génocide : la nouvelle marotte du belliciste Bernard-Henri Lévy. From genocide to genocide : the new fad of a miserable warmonger


Regardez bien cette image de Bernard-Henri Lévy, le très agité agent de la propagande militarisante israélienne, ici aux côtés des Harkis de Benghazi, dont l'encore vivant général Younès. Regardez bien cette image. Elle en rappelle d'autres.

Please have a close look at the coming picture of Bernard-Henri Lévy, the very agitated intelligence officer of the Israeli propaganda, standing here alongside some Harkis of Benghazi, including General Younis still alive. Have a close look at this picture: it should  remind you of other ones.

Benghazi, 2011

D'autres images vont suivre, en effet, bien qu'antérieures à la précédente, dont celles-ci : même costume ou presque, à croire que Lévy est passé d'un seul coup de ses amis israéliens à ses... libyens ! Ci-dessous, il s'agit d'une visite de Lévy à ses amis israéliens lors du massacre de Gaza de l'hiver 2008-2009. Des images que les harkis de Benghazi avaient probablement oubliées, voire les Palestiniens eux-mêmes, qui se seraient ouvertement prononcés en faveur du CNT !

And here we have got two interesting pictures, in fact older than the previous one: almost the same suit, as if Levy had just jumped from his Israeli friends to his Libyan…! The pictures below show him during a visit to his Israeli friends while slaughtering the people of Gaza during the 2008-2009 winter. And we may suppose that the harkis of Benghazi had never heard of Levy's strong support of the Israeli anti-Palestinians politics; but at the same time, most of the Paletinians seem to have supported the NTC! Isn't it amazing?


Félicitations mes amis ! (Opération Plomb Durci / Gaza, 2009)


Vous avez compris ? Le CNT libyen trahit les Palestiniens, et les Palestiniens soutiennent le CNT !

Mais je vois que vous n'avez pas encore compris le fin mot de l'histoire ! Il se trouve que je connais bien Bernard-Henri Lévy et que je lis la plupart de ses productions, dont celle dont sont tirées les deux images qui précèdent. Le fait est que je suis un archiviste compulsif ! Je suis, donc, allé jeter un coup d'oeil dans mes archives personnelles et ai déniché cet article du va-t-en-guerre Lévy se précipitant en Israël pour y apporter son entier soutien aux  tortionnaires de Gaza et de toute la Palestine.

Have you got it? The Libyan NTC betrayed the Palestinian cause, and the Palestinians supported the NTC!

But apparently some details remain mysterious to you! So, let's try to catch up the truth of the matter! As it happens, I know Bernard-Henri Levy after having read a lot of his prosa, including the story with the two pictures above. The fact is that I am also a compulsive archivist. And for that reason it was not very difficult to go and pick up the following article from my personal archives about warmonger Levy rushing to Israel in order to lend full support to the perpetrators of Gaza and Palestine.

Article paru dans Le Journal du Dimanche (Paris, France), du 18 janvier 2009.

Une bonne occasion pour les non francophones de se mettre au français ! Sinon, ils n'auront qu'à se le faire traduire...

           


De Gaza à Syrte, ou le monde arabo-musulman, tel que Bernard-Henri Levy et ses amis doivent en rêver jour et nuit...

From Gaza to Sirte, or the Arab-Muslim world such as Bernard-Henri Levy and his friends must dream of it night and day...





P.S. Le docteur Aboul avait cinq filles. Trois d'entre elles furent tuées par les Einsatzgruppen israéliens lors de l'invasion de Gaza de l'hiver 2008-2009. 

Dr. Aboul had five daughters. Three of them were killed by Israel's  Einsatzgruppen during the invasion of Gaza in the winter of 2008-2009.


Petit supplément

En cette après-midi du 25 décembre, j'ai jugé utile de faire un geste envers mes chers visiteurs. J'ai donc entrepris d'extraire l'intégralité du papier du JDD affiché plus haut. Cela devrait en faciliter la traduction par les non-francophones sachant se servir d'un traducteur en ligne...

In this Xmas afternoon of December 25th, (although I am not a believer at all!) I found it useful to help some of my faithful visitors understand that long article in French. So I set out to retrieve the full JDD paper from picture to text, in order to facilitate the translation of the text by non-French speakers knowing how to use an online translator...



Israël annonce un cessez-le-feu fragile

Le Hamas exige le retrait total des troupes israéliennes de la bande de Gaza. « Sinon, la résistance et la confrontation se poursuivront. »

Jerusalem
Correspondance
Christian Brunel
« ISRAEL A ATTEINT tous ses objectifs à Gaza », a declaré hier Ehoud Olmert, le Premier ministre israélien, en proclamant un cessez-le-feu unilatéral, qui devait commencer à 0 heure aujourd'hui. « La capacité du Hamas à tirer des roquettes sur Israël est désormais sérieusement limitée », a poursuivi Olmert, après une réunion du cabinet do sécurité. La bande de Gaza devrait donc retrouver un semblant de calme, au moins provisoirement, après vingt-deux jours de conflit. Mais cette décision unilatérale d'Israël ne garantit pas une trêve durable. Les Israéliens vont maintenir leurs troupes déployées dans la bande de Gaza, et se réservent le droit de riposter avec force », selon Olmert, en cas de nouveaux bombardements palestiniens. Or les islamistes du Hamas ont proclamé qu’ils ne respecteraient aucune trêve assortie de la présence « d’un seul soldat » israélien. Il n’est donc pas certain que le point final ait été mis à l’opération « Plomb durci » lancée le 27 décembre 2008 en vue de mettre fin aux tirs de roquettes de la bande de Gaza vers le sud d'Israël. Seule certitude : la communauté internationale, après un départ assez lent, est passée à la vitesse supérieure pour arrêter une tragédie qui a fait plus de 1.200 morts palestiniens, dont 400 enfants, et coûté la vie à trois civils et dix soldats israéliens. Une mobilisation centrée sur les moyens de mettre un terme à la contrebande d'armes au profit du Hamas, qui alimente la bande de Gaza via l'Egypte. Sur ce point essentiel, les dirigeants israéliens exigeaient des garanties fortes avant d'arrêter les combats.
Une quinzaine de roquettes et quatre obus lancés hier sur l'Etat hébreu
Les Etats-Unis ont fait le premier pas en signant vendredi un accord avec l'Etat hébreu : ils ont promis un renforcement des moyens de surveillance et d'interception du matériel militaire fourni par l'Iran transitant par le Golfe et des pays tels que le Soudan. Hosni Moubarak, le Président égyptien, s'est lui aussi dit prêt à rehausser les contrôles à la frontière de son pays avec la bande de Gaza et organise aujourd'hui, à Charm-El-Cheikh une rencontre internationale pour garantir et prolonger la trêve (Voir encadré). L'Europe, enfin, veut peser dans la résolution du conflit. Reste à savoir si toutes ces bonnes volontés suffiront à ramener le calme à Gaza. Le Hamas, qui y avait pris le pouvoir en juin 2007 après avoir chassé le Fatah du Président Mahmoud Abbas, a certes subi des coups très durs. Mais les islamistes n'ont pas hissé le drapeau blanc : ses dirigeants n'ont cessé de proclamer qu'ils continueraient à se battre jusqu'au bout. Hier, une quinzaine de roquettes et quatre obus de mortiers ont été lancés sur Israël. Le grand port d'Ashdod a été touché, ainsi que Bersheba, la capitale du Negev. Les dirigeants israéliens, soutenus par la population depuis le début de la guerre, auront du mal à rester l'arme au pied si les bombardements continuent. Les élections législatives sont toujours prévues le 10 février prochain.

Sommet avec Sarkozy à Charm El-Cheikh

Nicolas Sarkozy coprésidera cet après-midi avec le Président égyptien Moubarak une Conférence internationale, organisée à Charm El-Cheikh, pour résoudre le conflit de Gaza. Angela Merkel, Gordon Brown et Silvio Berlusconi seront présents également, pour attester l'engagement de l'Union européenne, en cette fin d'intérim américain, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon,  et le roi Abdallah de Jordanie. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont proposé par écrit de contribuer aux garanties demandées par Israël, qui ne veut pas d'un réarmement du Hamas. Des bateaux de l’escadre anti-pirates Atalante, qui croisent au large de la Somalie, pourraient être mis à disposition. Des technologies européennes seraient également utilisées pour surveiller les tunnels le long de la frontière entre Gaza et l'Egypte.
« Le Président a beaucoup soutenu le président Moubarak et l'a encouragé à organiser cette rencontre, dit-on à l'Elysée. La décision israélienne n'est qu'une étape. Il faut parvenir au retrait des troupes israéliennes, à la réouverture des points de passage avec Gaza. » Après Charm el-Cheikh, Nicolas Sarkozy ira à Jérusalem rencontrer les dirigeants israéliens.

« Ils ont tué mes enfants »

IL S'APPELLE Izz el-Deen Aboul Aish, trois de ses filles ont été tuées par un tank israélien. Ce gynécologue gazaoui, qui avait également exercé dans un hôpital de Tel Aviv, est devenu le visage même de la détresse palestinienne pour le public israélien. Depuis le début de la guerre, le docteur Aboul Aish était régulièrement interrogé par téléphone par les médias israéliens. Vendredi soir, alors qu'il intervenait en direct sur la dixième chaîne, il était en pleurs : « Oh, mon Dieu, oh, mon Dieu, mes filles ont été tuées ! Ils ont tué mes enfants... Est-ce que quelqu'un peut nous venir en aide ? » Sa maison venait d’être touchée par un obus tiré par un tank de Tsahal. Le présentateur Shlomi Eldar, bouleversé, est sorti du studio pour lui envoyer de l’aide.

« Il voulait travailler à la coexistence »

Transféré à l’hôpital Tel Hashomer à Tel Aviv, Izz el-Deen Aboul Aish donnait hier une conférence de presse quand il a été pris à partie par des spectateurs israéliens, dont une mère de soldats, l'accusant de « faire de la propagande ». D'autres se disaient persuadés qu'il avait abrité des tireurs du Hamas dans sa maison. Elevant seul ses enfants depuis la mort de son épouse, victime d'un cancer, le docteur Aboul Aish avait toujours milité pour la paix, travaillant délibérément aussi bien à Gaza qu'en Israël, quand c'était encore possible. II dormait chez des amis, quand il ne pouvait plus rentrer chez lui, a déclaré le docteur Liat Lerner-Geya, qui avait travaillé avec Aboul Aish. On lui faisait des ennuis, même s'il avait toutes les autorisations pour venir en Israël. Mais il voulait travailler à la coexistence. » Le présentateur Shlomi Eldar a lui aussi témoigné sur son ami : « Depuis la mort de sa femme, ses filles étaient tout pour lui. La plus âgée d’entre elles voulait étudier à l’université de Haifa. » La future « étudiante palestinienne d’une université israélienne est morte avec ses deux sœurs.

Déluge d’obus sur l’école

C'EST LA DERNIERE BAVURE de la guerre de Gaza. Hier, une femme et un enfant ont été tués dans le bombardement par l'armée israélienne d'une école gérée par les Nations unies à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza. L'établissement abritait de nombreux civils, qui y avaient trouvé refuge en fuyant les combats. Onze personnes ont été blessées. D'intenses combats se déroulaient autour de l'école ou l'armée israélienne, soutenue par des tanks, affrontait des activistes palestiniens. Ce bombardement, qui est intervenu à quelques heures du cessez-le-feu annoncé, faisait suite à ceux, jeudi, d'une autre école de l'ONU à Jabaliya (nord de la bande de Gaza) et du quartier général de l'UNRWA (l'agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens). C'est au moins la troisième fois qu'une école administrée par l'agence onusienne est touchée par les tirs de Tsahal. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné hier soir « dans les termes les plus vifs » ce nouveau bombardement qu'il a jugé « inadmissible », réclamant« une enquête approfondie ». À Genève, un collectif d'associations va déposer une demande d'ouverture d'enquête pour « crimes de guerre » et« crimes contre l'humanité » à la Cour pénale internationale (CPI). Hier également, Israël a annoncé son intention d'ouvrir un département de soins intensifs au point de passage d'Erez, et veut soigner les habitants de Gaza blessés dans ses hôpitaux.



Carnets de guerre par Bernard-Henri Lévy

Pour le JDD, l’écrivain a parcouru Israël pendant huit jours au cœur de l’opération « Plomb Durci », rencontrant tous les dirigeants de l’Etat hébreu. Un témoignageexclusif

Avec le patron du redoutable Shin Bet

Youval Diskin est le patron du Shin Bet, la mythique et redoutable Agence de sécurité Intérieure d'Israël. II n'a, à ma connaissance, jamais parlé. En tout cas pas depuis le début de cette guerre. II a une quarantaine d'années. II est grand. Massif. Une allure militaire que démentent un jean, des baskets et un T-shirt. II me reçoit, aux aurores, dans son bureau, au nord de Tel-Aviv, qui, avec ses meurtrières en largeur, ressemble à un blockhaus. « Tout cela pour Sderot ? commencé-je. Tout ca pour arrêter les Qassam ? » « Oui, bien sûr, me répond-il, excédé... II n'y a pas un Etat au monde qui tolèrerait de voir des obus tomber ainsi, tous les jours, sur la tête de ses citoyens. » Puis, comme je lui réponds que je sais cela, comme je lui dis que je vais à Sderot, par principe et par solidarité, chaque fois que j'arrive en Israël, et comme je lui dis aussi qu'il y avait peut-être des moyens, en négociant, d'éviter d'en arriver là, il s'interrompt, hausse drôlement les épaules et, sur le ton de celui qui, puisque l'on y tient, va entrer dans les détails techniques, reprend : « II faut que vous compreniez, dans ce cas, qui sont les gens du Hamas. Nous les connaissons, ici, mieux que personne. J'ai l'impression, parfois, d'être capable de suivre en temps réel, parfois de précéder, leurs moindres décisions. Or nous avons pris conscience de trois choses. » On lui apporte un gobelet de café qu'il boit d'un trait. « Leur stratégie, déjà, qui est celle des Frères musulmans dont ils sont l'émanation et qui vise à la prise du pouvoir, sur longue durée, au Liban, en Jordanie, en Israël... » Je fais signe que je sais.
« Bon. Cette alliance, ensuite, avec l'Iran, qui peut sembler contre nature tant est lourd le contentieux entre sunnites et chiites, mais dont nous avons tout l'historique. » La date : 1993. Le théâtre : un conseil d'oulemas syriens, saoudiens, cis-jordaniens, gazaouis. L'inspirateur : l'Egyptien El-Qaradawi, importateur en terrain sunnite de la stratégie chiite des attentats suicides. « Et puis, enfin, l'essentiel: ce réseau de trois cents tunnels, creusés sous la frontière égyptienne avec l'accord tacite de Moubarak qui, chaque fois que nous lui en parlions, jurait qu'il allait s'en occuper mais ne faisait malheureusement rien tant il craignait de contrarier ses Frères musulmans nationaux... »
On peut - comme les pacifistes israéliens - se dire que la destruction desdits tunnels aurait suffi. On peut - c'est mon cas - estimer que, cette guerre ayant déjà eu pour effet de faire découvrir à la planète leur existence et de mettre donc les Egyptiens au pied du mur, Israël aurait pu écourter son offensive. Mais on ne peut pas ignorer ce fait - ce contexte : Gaza qui, évacué, devient, non l'embryon de l'Etat palestinien tant espéré, mais la base avancée d'une guerre totale contre l'Etat juif.

Chez les arabes israéliens

Je suis à Baka Al-Gharbia, l'une de ces (villes d'Arabes israéliens qui ont choisi, en 1948, de rester chez eux et forment, soixante ans après, 20 % de la population du pays. La ville, cet après-midi, est dans la rue : 15.000 personnes protestent contre le « génocide » de Gaza. II y a là des militants, coiffés du keffieh à damier du Fatah. D'autres, qui agitent le drapeau vert du Hamas. Je vois même, en tête de cortège, des jeunes en cagoule qui hurlent, au cœur d'Israël donc, des appels au djihad, au martyre. « Cet Israël que vous vomissez n'est-il pas votre Israël ? demandé-je à l'un d'entre eux. N'est-ce pas l'Etat dont vous êtes les citoyens, au même titre et avec les mêmes droits que les autres ? » Le garçon me considère comme si j'étais un fou. II me répond qu'Israël est un Etat raciste qui le traite comme un sous-homme, l'interdit d'université et de night-clubs. Sur quoi il rattrape ses camarades - m'abandonnant à ma perplexité: belle solidité d'une démocratie qui s'accommode, en temps de guerre, d'un citoyen sur cinq au bord de la sécession politique et vertigineuse fragilité d'un lien social dont on voit bien comment il pourrait, du dedans, se dénouer. Autre contexte? Non. Mais situation d'Israël.
Asaf détourne son missile
« Rien ne justifie la mort d'un gosse, m'a dit Asaf, 33 ans, patron d'un restaurant à New York et, dans ses périodes de "réserve", pilote d'hélicoptère Cobra. Rien. Et c'est pourquoi, lorsque le risque existe, lorsque je m'aperçois, dans mon Cockpit, que je peux, en visant un objectif militaire, toucher aussi des civils, je démonte et rentre à la base.»
J'ai mis Asaf au défi de m'apporter une preuve. Et c'est ainsi que je me retrouve ici, dans le Néguev, sur la base de Palmachim, saint des saints de la technologie israélienne. Vidéos de bord d'Asaf. Enregistrement de sa conversation, le 3 janvier, avec un interlocuteur au sol qu'il informe de sa décision de tout arrêter car le « terroriste » qu'il a en ligne de mire est rejoint par un enfant. Et incroyables films - j'en visionne quatre - de ces missiles déjà lancés que le pilote, voyant qu'un civil apparaît dans son écran ou que la Jeep ciblée entre dans le garage d'un immeuble dont on n'a pas, comme c'est l'usage, alerté les occupants, détourne en pleine course et fait exploser dans un champ. Que tous n'aient pas les mêmes scrupules, je m'en doute bien (car comment expliquer, sinon, les trop nombreux et inacceptables bains de sang?). Mais qu'il y ait des Asaf dans Tsahal, que les procédures commandent d'agir plutôt à la façon d'Asaf, bref, qu'Asaf ne soit pas l'exception mais la règle, il est important de le dire (et tant pis pour le cliché qui veut réduire Tsahal à un ramassis de brutes s'acharnant sur les femmes et les vieillards...).

Dans le salon d’Ehoud Barak

Ehoud Barak chez lui. Je l'ai vu, hier, à Palmachim, entouré de ses généraux. Et je le retrouve, aujourd'hui, dans ce salon, tout en longueur, qui semble construit autour des deux pianos dont il joue en virtuose. Il évoque, lui aussi, le dilemme moral de son armée. II décrit le calcul d'un Hamas qui installe délibérément ses dépôts d'armes dans une cour d'école, une salle d'hôpital, une mosquée. « De deux choses l'une, m'explique-t-il sur un ton où pointe, j'en jurerais, une curiosité de stratège face à une tactique inédite. Ou bien nous en sommes informés et ne tirons pas - ils ont gagné. Ou bien nous l'ignorons et tirons - ils filment alors les victimes, envoient les images aux télévisions et ont aussi gagné...». Je m'apprête à lui demander comment l'homme qui offrit à Arafat, il y a neuf ans, les clefs d'un Etat palestinien dont celui-ci ne voulut pas, vit personnellement ce dilemme - et je suis sur le point de lui objecter, aussi, qu'Israël n'en serait pas là sans la série d'occasions manquées, de faux pas, d'aveuglements, des gouvernements qui ont suivi. Mais le téléphone sonne. C'est Condoleezza Rice qui appelle pour le presser, justement, de conclure très vite un cessez-le-feu. Pourquoi très vite, à votre avis ? Le ministre-pianiste sourit... Parce que, à dix jours près, le même cessez-le-feu sera son œuvre à elle, Condy, ou celle de l'autre Barack (Obama) qui lui volera sa « legacy ».

La Désinformation, le mythe de Sisyphe
Amos Oz est effondré. Je retrouve le grand écrivain, conscience du pays chez notre ami commun Shimon Peres à Jérusalem. Nous parlons de la rumeur du jour, cette histoire de maison où l'on aurait, dans la zone de Zeitoun, attiré cent personnes avant de tirer dans le tas lui semble si insensée qu'il ne sait ni par quel bout la prendre, ni comment elle a pris corps. Tout a commence, semble-t-il, par un vague témoignage recueilli par une ONG. Puis quelques journalistes : « Qu'on laisse la presse entrer - comment, si nous ne sommes pas là, démentir les on-dit ? » Puis c'est le village médiatique planétaire qui s'est emballé : « Tsahal aurait... Tsahal pourrait... Le docteur X confirme que Tsahal serait à l'origine de... » Ah, le poison de ces conditionnels subtils et prétendus prudents ! Dans deux jours, on ne parlera plus de la rumeur de Zeitoun. Mais qu'en conclura le monde ? Qu’elle était absurde ? Ou Tsahal aurait gravi un degré de plus, entre-temps, sur l'échelle de l'abomination et du crime ? Oz, le Camus d'Israël. La désinformation, ou le mythe hébreu de Sisyphe.
La rumeur du blocus humanitaire
Autre rumeur dont j'ai pu, moi-même cette fois, vérifier le caractère infondé : celle du « blocus humanitaire ». Je passe sur le cas du Sheba Hospital de Tel-Aviv dont le directeur adjoint, Raphi Waiden, m'explique que 70 % des patients sont des Palestiniens. Je passe sur l'affaire des ambulances touchées par erreur par Tsahal mais bloquées, à dessein, par le ministère de la Santé du Hamas qui prend ses civils en otage et ne veut surtout pas les voir soigner à l'hôpital Soroka de Beer Sheva. L'information décisive c'est ce mercredi, 14 janvier, que je la recueille - au terminal de Keren Shalom, extrême sud de la bande de Gaza, où une centaine de camions passent, comme chaque matin, sous l'œil des représentants des ONG. Farine... Médicaments... Aliments pour bébés... Couvertures...
Rien, personne, et surtout pas l'habituel pansement humanitaire, n'atténuera, ici comme ailleurs, la souffrance des familles qui ont perdu l'un des leurs. Mais les faits sont les faits. Et le fait est que ce sont plus de 20.000 tonnes qui sont entrées, depuis le début de l'opération... Comme me le dit le colonel Jehuda Weintraub, qui fut, dans une autre vie, l'auteur d'une thèse sur Chrétien de Troyes et qui rempile, à 60 ans, dans la « coordination » de l'aide : « La guerre est toujours horrible ; pourquoi faut-il, à son atrocité, ajouter encore le mensonge ? »
Dans les faubourgs de Gaza-City
Soucieux d'essayer au moins d'aller voir, je suis, mardi 13 janvier, entré, à la nuit tombée, dans les faubourgs de Gaza-City, quartier Abasan Al-Jadida, un kilomètre au nord de Khan Younes - « embedded » dans une unité d'élite Golani. Je sais, pour l'avoir évité toute ma vie, que le point de vue de l'« embedded » n'est jamais le bon point de vue. Et je ne vais pas prétendre, en quelques heures, avoir capté l'esprit de cette guerre. Mais, cela étant dit, je donne mon témoignage.
Le peu, très peu, que je vois (buildings plongés dans l'obscurité mais debout, vergers à l'abandon, la rue Khalil Al-Wazeer avec ses commerces fermés) indique une ville sonnée, transformée en souricière, terrorisée - mais certainement pas rasée au sens où purent l'être Grozny ou certains quartiers de Sarajevo. Peut-être serai-je démenti quand la presse entrera dans Gaza, mais pour le moment, c'est, encore, un fait.
L’Offre d’Ehoud Olmert
Ehoud Olmert à Jérusalem. Il revient sur le double jeu d'un Moubarak que la communauté internationale devra bien finir par forcer à fermer sa frontière aux contrebandiers bédouins. Mais voici qu'il change de ton. Et, d'une voix plus sourde, il entreprend de me raconter la dernière visite d'Abou Mazen, il y a trois semaines, dans ce bureau, à la place même où je me trouve.
« Je lui ai fait une offre : 94,5 % de la Cisjordanie. Plus 4,5 % sous forme d'échange de territoires. Plus un tunnel, sous son contrôle, reliant la Cisjordanie à Gaza et équivalant au l  % manquant. Et, quant à Jérusalem, une solution logique et simple : les quartiers arabes pour lui ; les quartiers juifs pour nous ; et les lieux saints sous administration conjointe saoudienne, jordanienne, israélienne, palestinienne, américaine. Abou Mazen m'a demandé de lui laisser la carte sur laquelle j'avais dessiné mon schéma. Je ne l'ai pas fait car je le connais et sais comment il aurait, la prochaine fois, pris mon papier comme point de départ d'une contre-négociation. Mais bon... L'offre est là... J'attends... » Trop beau pour être vrai ?

Une paix par-delà les larmes
Abou Mazen n'est pas à Ramallah, capitale des Palestiniens modérés. Mais dans un immeuble du centre-ville, je vois Mustapha Barghouti, Président de la Palestinian Medical Relief Society - ainsi que Mamdouh Aker, médecin, autorité morale et Vétéran du dialogue israélo-palestinien. Ni l'un ni l'autre ne croient au sérieux d'une offre de paix portée par un Premier ministre sur le départ. L'un comme l'autre parlent avec sévérité d'un Abou Mazen coupable d'instaurer un « Etat policier ». Et je sens surtout comme ils prennent garde à ne surtout rien dire qui paraisse accabler un Hamas dont la rue palestinienne, ils le savent, est solidaire. Et pourtant...
En y réfléchissant bien, en écoutant le premier me dire sa nostalgie du « plan saoudien » de coexistence des deux Etats, en voyant le second s'animer à la seule évocation de sa « Lettre à Itzhak Rabin » publiée, en 1988, par le Jerusalem Post parce que les journaux arabes l'avaient refusée, en observant enfin, au retour, l'allure des jeunes gens et le visage dévoilé des jeunes filles qui font la queue, avec moi, pour entrer à Jérusalem, au check-point de Kalandiya, je me surprends à y croire à nouveau. 
Ils sont là, bien sûr, les interlocuteurs d'Israël. Ils sont là, les partenaires de la paix future. Une paix en dépit de tout. Une paix par-delà les dévastations et les larmes. Une paix de raison, sans effusion ni enthousiasme – mais peut-être, pour cela, plus que jamais à portée de main. Deux peuples, deux Etats, une paix sèche.

Reportage photo
Alexis Duclos pour le JDD




Observation : le reportage de Bernard-Henri Lévy sur l'opération "Plomb durci" est un petit chef d'oeuvre de rhétorique propagandiste en faveur d'une puissance occupante, le tout emballé dans un halo de prétendue traque de la vérité, alors qu'il s'agit ici, avant tout, de sauver les apparences en faisant passer l'occupation immonde de la Palestine pour autre chose qu'une occupation immonde ! (J'imagine sans mal ce qu'on aurait dit d'un intellectuel allemand s'en allant interroger, dans les années 1940-1944, le chef de la Kommandantur, à Paris, voire un Himmler, un Goering ou même un Hitler, sur les agissements néfastes des terroristes communistes et autres poseurs de bombes gaullistes ou judéo-bolcheviques, tout en insistant sur le fait que les artilleurs allemands s'appliquaient tout particulièrement à épargner les vies des civils...Nous reparlerons de ce papier plus tard. En attendant, comment ne pas pouffer de rire [rire n'est pas vraiment le premier mot qui vienne à l'esprit !] devant la naïveté toute feinte de Lévy, qui nous assure, la main sur le coeur, que le pilote d'hélicoptère israélien a réellement détourné ses missiles (Ah bon ! On peut modifier la trajectoire d'un missile une fois qu'il a été lancé ?) en apercevant la silhouette d'un enfant palestinien ! En tout cas, les images qui suivent nous renseignent amplement sur la "maladresse" des pilotes d'hélicoptères ainsi que des tankistes israéliens !

palestine


palestine

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palestine

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Des images de la Palestine suppliciée que les yeux de Bernard-Henri Lévy refusent de voir...




À propos... By the way... How interesting!



We the People of the United States
Dec 25, 2011 1:39 PM
It's time for us to take to the streets, cut the head of the Zionist corporate greed, moneymen snake, snatch power from the beast and return our country to dignity and social justice. No more money for Israel! America is for Americans!


realistin reply to Leonard Melton
12/25/2011 5:33:57 PM
Leonard, pass this news on to all other americans via every communication method possible. They should hear it day after day, then they will start realize something is wrong. Because most americans are brainwashed by the zionist media in the west.



Leonard Melton
Dec 25, 2011 4:0 PM
We are not told the truth about things here in the United States anymore and the latest and greatest lie is about 9/11. Even the co-chairs of the 9/11 Commission publically stated that their investigation was 'set up up fail' and that they did not 'get everything right'. This has been a pattern beginning with the JFK assassination to 9/11 and there seems nothing that the real powers running this country will not do and lie about. The latest lie that is beginning to un-wrap is about the Oklahoma City bombing in 1995, and there is much evidence and many eye-witnesses to prove an inside-job on that one also.


dimanche 6 novembre 2011

Obama and his puppets alongside Al Qaeda in Libya: back to the Wikileaks' files. Obama et ses larbins soutenant Al Qaida en Libye : retour aux fiches Wikileaks. Episode 1/2


The truth about the UN-NATO criminal crusade in Libya. 
La vérité sur la croisade criminelle de l'ONU-OTAN en Libye.


J'avais déjà évoqué les fichiers Wikileaks sur ce blog en ce qui concerne les chapitres consacrés à Al Qaeda dans l'Est du pays (voir nouvelle mouture sur Episode 2). Mais il faut reconnaître honnêtement que ce n'était là qu'un petit bout du problème. Il y avait, en effet, des choses bien plus étonnantes dans ces câbles diplomatiques, qui nous montrent l'ingérence permanente de l'administration américaine dans les affaires intérieures de pays souverains, allant jusqu'à instrumentaliser des changements de régime. Rappelons la Baie des Cochons, à Cuba, les Contras au Nicaragua, Allende renversé, l'invasion de la Grenade, etc. Je n'oublie pas le Vietnam ! La liste est longue des interventions américaines aux quatre coins du monde pour "défendre le monde libre" ! Et puis, nous avons la Libye. Et c'est là que Wikileaks nous révèle autre chose : l'exceptionnelle nullité d'une certaine presse qui, visiblement, n'a pas fait son travail car, soit elle n'avait pas lu ces fiches et avait péché par incompétence, soit les avait lues (elles ont été traduites sur de nombreux sites de presse, notamment en France) et montrait là à quel niveau de pourriture elle était parvenue ! 

On se demande comment cette presse asservie va pouvoir exister après avoir donné un tel spectacle de déchéance dans la soumission à l'OTAN et dans la désinformation !

Dès le départ, il paraissait évident que les droits de l'homme et la protection des civils libyens n'étaient pas du tout dans les projets du syndicat criminel ONU-OTAN. C'est ce que nous démontre amplement le dossier ci-dessous, de Robert Morgan, synthétisant l'essentiel des télégrammes diplomatiques adressés par les diplomates-espions américains à leur administration.

Une partie du texte d'origine est reproduite ci-dessous, avec mention du site concerné. L'intégralité du texte de Robert Morgan a été traduite par mes soins plus bas.

I already mentioned the Wikileaks files on this blog regarding the chapters on Al Qaeda in Eastern Libya. But  honestly we must admit that it was only a small piece of the whole records. There were indeed much more amazing things in those diplomatic cables, which show us the constant interference of the U.S. administration in the internal affairs of sovereign countries, going up to exploit or even induce some regime changes. Let's remember the Bay of Pigs, in Cuba, all the operations with the Contras in Nicaragua, how Allende got overthrown in Chile, the invasion of Grenada, etc.; not to mention: Vietnam! There is a so long list of U.S. interventions around the world to "defend the so-called free world."! And then we have this UN-sponsored slaughter in Libya. But thanks to Wikileaks we have discovered something interesting: the invalidity of the so-called mainstream media or corporate press, which obviously have failed in their mission to bring true information among the people: because whether they did not read the Wikileaks files, and they have sinned through incompetence, or they actually read them (the files having been available on many press-websites, particularly in France) and they just show us how much they have got rotten!

Someone would wonder how that corporate press could still survive after giving such a show of forfeiture in its submission to NATO and to misinformation!

From the beginning it seemed clear that human rights and the protection of civilians Libyans were not in the projects of the UN-NATO criminal syndicate at all. This is amply demonstrated on the file below, by Robert Morgan, summarizing the essential telegrams sent from Libya by American spies-diplomats to their government. 

Part of the original text is reproduced below, with reference to the website. Then follows a French translation by myself.



Original version

”US diplomatic cables released by WikiLeaks expose some of the real reasons and diplomatic tensions behind NATO’s ongoing bombardment of Libya. Far from initiating a “humanitarian” intervention to protect civilians against Muammar Gaddafi’s government, Washington backed the NATO intervention for one reason only—the installation of a regime that better serves the strategic interests of the US, as well as the operations of the giant oil and gas companies.

The cables date back to 2007, some three years after the Bush administration had lifted sanctions and formally re-established relations with the Gaddafi regime in a bid to secure access to Libya’s highly prized resources. Until the outbreak of revolutionary uprisings across the Middle East this year, Gaddafi was welcomed with open arms in Washington and internationally.

As the cables show, as recently as August 2009, US Senator John McCain led a high-profile bipartisan congressional delegation to meet with Gaddafi. McCain characterised the “overall pace of the bilateral relationship as excellent”. Senator Joe Lieberman said “we never would have guessed ten years ago that we would be sitting in Tripoli, being welcomed by a son of Muammar al-Qadhafi,” before calling Libya an “important ally in the war on terrorism.”

It comes as no surprise that the cables refer to Libya’s “hydrocarbon producing potential” and the “high expectations” among international oil companies. Significantly, the Gaddafi regime held out to Washington the prospect of even greater riches. According to a September 2009 cable, then acting head of Libya’s National Oil Corporation (NOC), Ali Sugheir, told the US embassy that major “sedimentary basins with oil and gas resources had been discovered in Libya,” with seismic data indicating “much more remained to be discovered across the country.”

The scramble by dozens of international oil and gas companies to cash in on the lifting of sanctions, however, soon produced two major problems for the US government. Firstly, in the words of a November 2007 cable, “Libyan resource nationalism”—policies designed to increase the Libyan government’s “control over and share of revenue from hydrocarbon resources.” The cable ominously concludes that the US should demonstrate “the clear downsides” to the Libyan regime of such an approach.

Gaddafi’s policy forced oil and gas corporations to renegotiate their contracts under the latest iteration of Libya’s Exploration and Productions Sharing Agreement (EPSA IV). Between 2007 and 2008, major companies such as ExxonMobil, Petro-Canada, Repsol (Spain), Total (France), ENI (Italy), and Occidental (US) were compelled to sign new deals with the NOC—on significantly less favourable terms than they had previously enjoyed—and were collectively made to pay $5.4 billion in upfront “bonus” payments.

A June 2008 cable says that the Oasis Group—including US firms ConocoPhillips, Marathon and Hess—was reportedly “next on the block,” despite having already paid $1.8 billion in 2005. The cable questions whether Libya could be trusted to honour the new EPSA IV contracts, or would again “seek a larger cut.”

The cable further discusses the broader implications of the EPSA IV contracts. While the contracts were “broadly beneficial” for oil companies, which stood to make “a great deal more money per barrel of oil produced,” the threat of forced renegotiation of contracts created a dangerous international precedent—a “new paradigm for Libya that is playing out worldwide in a growing number of oil producing countries.”

The oil giants and the US government were alarmed by threats Gaddafi made, in a January 2009 video-conference to Georgetown University students, to nationalise the oil and gas industry. A January 2010 cable recounts that “regime rhetoric in early 2009 involving the possible nationalization of the oil sector … has brought the issue back to the fore.”

Gaddafi also attempted to force the international oil companies (IOCs) to contribute to the US-Libya Claims Compensation Agreement. Signed in August 2008, the agreement established a fund for victims of bombings involving the two countries. Two February 2009 cables report that Libya presented the oil companies with an ultimatum: contribute to the fund or “suffer serious consequences.” NOC chairman Shurki Ghanem explicitly referred to the threats made by Gaddafi to nationalise the oil industry. The US ambassador warned that “putting pressure on US companies ‘crossed a red line’.” He “urged Ghanem and his colleagues to consider the long-term relationship with the United States.”

The second unwelcome consequence of the lifting of sanctions was that it enabled Libya to develop closer relations with US rivals, notably in Europe, China and Russia. A June 2008 cable describes a “recent surge of interest in Libya on the part of non-Western IOCs (particularly from India, Japan, Russia and China), who have won the bulk of concessions in the NOC’s recent acreage bid rounds.”


To be continued

Robert Morgan, 27 juli 2011



Traduction française

"Les télégrammes diplomatiques américains publiés par Wikileaks nous révèlent certaines des raisons réelles et des tensions diplomatiques sous-tendant les bombardements continus de l'OTAN en Libye. Loin d’initier une intervention «humanitaire» pour protéger les civils contre le gouvernement de Mouammar Kadhafi, Washington a soutenu l'intervention de l'OTAN pour une seule raison : l'installation d'un régime susceptible de mieux servir les intérêts stratégiques des Etats-Unis, ainsi que les opérations des grandes compagnies pétrolières et gazières.

Les câbles (diplomatiques) remontent à 2007, quelque trois ans après que l'administration Bush avait levé les sanctions et formellement rétabli les relations avec le régime de Kadhafi, dans le but de sécuriser l'accès aux ressources très prisées de la Libye. Jusqu'au début des soulèvements révolutionnaires à travers le Moyen-Orient, cette année, Kadhafi avait été accueilli à bras ouverts à Washington et à l'étranger.

Comme le montrent les câbles, y compris tout à fait récemment, en août 2009, le sénateur américain John McCain a conduit une grande délégation bipartite du Congrès dans le but de rencontrer Kadhafi. McCain caractérisait alors le "rythme global de relation bilatérale comme excellent". Le sénateur Joe Lieberman déclarait alors : « nous n'aurions jamais deviné, il y a dix ans, que nous serions assis ici à Tripoli et serions accueillis par un fils de Muammar al-Kadhafi », avant de qualifier la Libye d’"allié important dans la guerre contre le terrorisme."

Il n'est pas surprenant que les câbles se réfèrent au "potentiel de production d'hydrocarbures" de la Libye et aux " "attentes élevées" existant parmi les compagnies pétrolières internationales. De manière significative, le régime de Kadhafi offrait à Washington la perspective des richesses plus importantes encore. Selon un câble de Septembre 2009, le chef par intérim de la Société Nationale Libyenne du pétrole, Ali Sugheir, déclara à l'ambassade américaine que les principaux "bassins sédimentaires avec des ressources de pétrole et de gaz avaient été découverts en Libye", avec des données sismiques indiquant que "beaucoup de ressources restaient à découvrir à travers le pays."

La ruée de dizaines de compagnies pétrolières internationales et de gaz, pour profiter de la levée des sanctions, a néanmoins suscité deux problèmes majeurs pour le gouvernement américain. Premièrement, selon les termes d’un télégramme de Novembre 2007, "la politique nationaliste de la Libye autour de ses ressources visait à accroître le contrôle du gouvernement sur la répartition des recettes provenant des ressources en hydrocarbures." Le télégramme concluait de manière inquiétante que les Etats-Unis devaient convaincre le gouvernement libyen des "des inconvénients évidents" d'une telle approche.

La politique de Kadhafi contraignait les compagnies pétrolières et de gaz à renégocier leurs contrats conformément à la dernière mouture de l’agrément public d’exploration et de partage des ressources (EPSA IV). Entre 2007 et 2008, de grandes sociétés comme Exxon Mobil, Petro-Canada, Repsol (Espagne), Total (France), ENI (Italie), et Occidental (des Etats-Unis) ont été contraints de signer de nouveaux contrats avec la compagnie nationale  pétrolière selon des termes nettement moins favorables que ceux dont ils avaient déjà bénéficié et ont collectivement dû payer 5,4 milliards de dollars d’avance sur leurs paiements.

Un câble Juin 2008 indique que le groupe Oasis, renfermant les entreprises américaines ConocoPhillips, Marathon et Hess – s’est retrouvé mis hors-jeu," bien qu'ayant déjà payé 1,8 milliards de dollars en 2005. Les télégrammes se demandaient si la Libye méritait qu’on lui fasse confiance sur le fait d’honorer les nouveaux contrats EPSA IV, ou était de nouveau en train de "chercher à obtenir de plus grands rabais sur les bénéfices des compagnies étrangères."

Le câble se pose encore des questions sur les implications encore plus larges des contrats EPSA IV. Alors que les contrats étaient "largement bénéfiques" pour les compagnies pétrolières, qui cherchaient à faire "les plus gros bénéfices par baril de pétrole produit", la menace de la renégociation forcée des contrats créait un dangereux précédent sur le plan international – un "nouveau paradigme pour la Libye qui pouvait faire école dans le monde, notamment dans un nombre croissant de pays producteurs de pétrole."

Les géants du pétrole et le gouvernement américain ont été alarmés par les menaces de Kadhafi, lors d’une  Vidéo-conférence de janvier 2009, destinée à des étudiants de l’Université Georgetown, de nationaliser l'industrie pétrolière et gazière. Un câble de Janvier 2010 relate que "la rhétorique du régime au début de 2009, impliquant la nationalisation possible du secteur pétrolier... a ramené la question au tout premier plan."

Kadhafi a également tenté de forcer les compagnies pétrolières internationales (CPI) à contribuer à l'accord Etats-Unis-Libye sur les revendications d'indemnisation. Signé en août 2008, l'accord a créé un fonds pour les victimes d'attentats impliquant les deux pays. Deux télégrammes de Février 2009 rendent compte que la Libye a posé aux compagnies pétrolières un ultimatum, à savoir, contribuer à ce fonds ou, dans le cas contraire, "en subir de graves conséquences". Le président de la CNP (Compagnie Nationale des Pétroles), Shurki Ghanem, a explicitement fait référence à des menaces proférées par Kadhafi de nationaliser l'industrie pétrolière. L'ambassadeur américain a averti que "mettre la pression sur les entreprises américaines représentait un franchissement de ligne rouge". "Il a exhorté Ghanem et ses collègues d'envisager une relation à long terme avec les États-Unis."

La deuxième conséquence fâcheuse de la levée des sanctions est qu'elle a permis à la Libye de développer des relations plus étroites avec les rivaux des Américains, notamment en Europe, en Chine et en Russie. Un télégramme de juin 2008,  décrit un "récent regain d'intérêt en Libye de la part des compagnies internationales pétrolières (en particulier en Inde, au Japon, en Russie et en Chine), qui ont remporté la majorité des concessions au cours des dernières rondes de concessions de prospection organisées par la Compagnie Nationale des Pétroles."

Un câble de mars 2009 décrit comment le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, participa à la ratification de l’accord d’amitié et de coopération Italie-Libye, en vertu duquel l'Italie devait verser à la Libye 200 millions de dollars par an pendant 25 ans à titre de compensation pour les "méfaits de la colonisation" , le tout en échange de la garantie d’une "préférence accordée aux entreprises italiennes pour des projets de développement". Un fonctionnaire italien a déclaré aux diplomates américains que l'ordre des priorités de l'Italie en Libye était : "le pétrole, le pétrole, le pétrole et l’immigration."

La présence croissante de la Chine a également suscité des préoccupations. Selon un câble de février 2009, la China Railway a obtenu un contrat de 805 millions de dollars cette même année après un contrat de 2,6 milliards de dollars l'année précédente. Un télégramme de mai 2009 rapporte que Kadhafi a déclaré au commandant américain de l’African Command, le général William Ward, que "la Chine prévaudrait en Afrique", car elle n'interfétait pas dans les affaires intérieures des Africains." En septembre 2009, un télégramme indiquait que "les entreprises chinoises s’étaient taillé des niches à leur profit sur le marché libyen, notamment dans la construction et les télécommunications. "

Plusieurs câbles mettent en avant des relations plus étroites entre la Libye et la Russie. En avril 2008, le président russe Vladimir Poutine se serait envolé vers la Libye accompagné de 400 assistants, journalistes et chefs d’entreprises, afin de garantir un "accord d'échange de 4,5 milliards de dollars correspondant à une dette libyenne envers la Russie soviétique" pour "un contrat ferroviaire important et plusieurs contrats futurs concernant la construction de logements et des travaux d’électrification". Plusieurs protocoles d'entente ont été signés avec Gazprom, géant énergétique russe. Lors de cette réunion, le colonel Kadhafi a exprimé son opposition à l'expansion de l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie, deux questions sensibles pour la Russie.

Un élément prend une importance tout à fait significative d’un point de vue stratégique américain, à savoir que  le colonel Kadhafi a apparemment "exprimé sa satisfaction de voir la Russie retrouver un certain leadership [on pense à la crise en Géorgie de 2008, n.d.l.r.] pour servir comme contrepoids nécessaire à l’hégémonie américaine, le tout faisant écho au penchant fréquemment exprimé par le leader libyen en faveur d’un système plus multi-polaire international."

Dans ce contexte, les Etats-Unis ont entrepris de cultiver des relations avec certaines figures du régime de Kadhafi, et mené des discussions secrètes sur les avantages d’une élimination de Kadhafi de la scène politique. Un câble de juillet 2008 évoque la manière dont Ibrahim el-Meyet, un "ami proche" de Ghanem (et une source à  "protéger strictement") a déclaré à l'ambassade américaine que lui et Ghanem", étaient parvenus à la conclusion qu'il n'y aurait pas de véritable réforme économique ou politique en Libye tant que Kadhafi n’aurait pas disparu de la scène politique, "et cela ne se produirait pas tant que Kadhafi serait vivant."

Un autre câble de janvier 2009 fait état de l’existence de "deux tendances" au sein du gouvernement libyen : "un camp pro-américain et un groupe qui est resté méfiant face aux motivations américaines et fermement opposé à une poursuite vers un plus large rapprochement entre les deux pays." Alors que Kadhafi et ses fils semblaient   appartenir au camp  "pro-américain", on l’a vu (Kadhafi) "soutenir un renforcement de la coopération États-Unis-Libye, mais sous "une sérieuse réserve" née d'une préoccupation constante des Libyens de voir que le but ultime de l'engagement américain pourrait être un changement de régime» (passage souligné).

Les craintes de Kadhafi étaient bien fondées. Dans les coulisses, les tensions se sont accrues avec l'avènement de l'administration Obama. Un câble de février 2009 affirme que le gouvernement libyen était "désireux de voir la nouvelle administration américaine adopter une politique nettement différente envers la Libye.". Le câble faisait référence à "des individus puissants en Libye, qui s'opposaient fortement à une amélioration des relations avec les États-Unis, et qui risquaient de voir leur situation sérieusement compromise si le système en vigueur changeait de façon significative ; ces personnes considérant que les Etats-Unis étaient susceptibles de déclencher de tels changements."

Les câbles montrent que le gouvernement américain surveillait étroitement l’opposition politique au régime de Kadhafi dans l'est de la Libye, où les "rebelles" du Conseil national de transition sont maintenant basés. En février 2008, les câbles font référence à une politique du gouvernement libyen ayant délibérément choisi de "maintenir la pauvreté dans l'Est comme un moyen de limiter la menace politique potentielle à l’égard du régime de Kadhafi", ce qui a conduit de nombreux jeunes de l'Est des hommes libyens à croire qu'ils n'avaient "rien à perdre en participant à la violence extrémiste à la maison" et contre les forces américaines en Irak.

Les Américains ont également intensifié les relations avec certains éléments au sein du gouvernement Kadhafi. Lorsque le ministre des Affaires étrangères, Musa Kusa, a rencontré le général William Ward en mai 2009, il a rappelé au général qu'il "partageait souvent et ouvertement ses options avec ses contacts américains de la Central Intelligence Agency (CIA) et du département d'État.". Kusa a fui la Libye pour la Grande-Bretagne en jet privé le 30 Mars de cette année (2011).

Les câbles de WikiLeaks montrent en outre que l'offre de l'administration Obama visant à renverser le gouvernement libyen et sa reconnaissance de "rebelles" non-élus de Benghazi comme représentants du nouveau régime n'avaient absolument rien à voir avec des préoccupations "humanitaires". Au contraire ; la Maison Blanche répondait ainsi à l'impact déstabilisateur des luttes ayant éclaté dans divers pays arabes, y compris en Libye, en retournant brusquement contre un ancien "allié important".

L'administration Obama a activé les préparatifs [aux changements intervenus en Libye] au moins depuis l'année 2007 [2007 !!! Voilà qui est assez discutable étant donnée la date de désignation d'Obama comme président U.S. ; peut-être aurait-il mieux valu préciser "administration américaine, sous Bush en l'occurrence, puis sous Obama." N.d.t.], dans le but de renverser le régime et d'installer une équipe plus étroitement alignée sur les intérêts américains. Loin de protéger les civils, le gouvernement américain a cherché à contrecarrer toute véritable révolte populaire contre Kadhafi, dans une vision entièrement basée sur des considérations économiques et stratégiques, le tout animé par des rivalités croissantes entre grandes puissances ainsi que par les exigences de profit des grandes firmes capitalistes (américaines)."


Alors, vous avez compris ? Que tout ce qui figure ici, tout ce qui précède, les grands médias le savaient parfaitement, étant donné l'énorme bruit qui a accompagné la parution des fichiers Wikileaks à travers le monde. Dans le monde politique international ainsi que le milieu des médias, tout le monde savait que cette guerre contre la Libye n'était pas conduite pour les bonnes raisons. Par conséquent, ceux qui se sont tus sont tous coupables de complicité de crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité, crimes imprescriptibles.

Et pour tout cela, nous les jugerons !

So, have you got it? That the so-called mainstream media were quite aware of everything listed here, given the huge noise that accompanied the release of the Wikileaks files around the world. In the international political and media circles, everyone knew that the war against Libya was not conducted for the right reasons? Therefore, all those who kept silent, or worse, distorted reality displaying fakes about Libya are guilty of complicity in war crimes or even crimes against humanity, imprescriptible ones!

And for all those reason we will judge them all!



Soit dit en passant, je profite de l'occasion pour remercier mes nombreux visiteurs et visiteuses à travers le monde. Je ne suis que le modeste éditeur d'un blog privé en deux exemplaires (version française et version en allemand, anglais, etc.). Et le fait que tant de gens apprécient vos textes vous pousse à être encore plus exigeant et à offrir à vos lecteurs les meilleures analyses possibles ainsi qu'un maximum d'outils (cf. les liens hypertexte) permettant aux visiteurs de se faire une idée par eux-mêmes. Et ça, c'est la révolution Internet!

Face à la démission et à la déconfiture des média traditionnels, l'Internet est en train de devenir, de fait, le vrai MAINSTREAM MEDIUM, ce qui devrait nous rendre, nous autres "petits éditeurs de blogs" absolument intraitables et irréprochables lorsque nous nous permettons de produire des choses qui seront lues par pas mal de gens à travers le monde.



By the way, thanks to all my faithful readers! 




Being on the first page of Google among more than 26 million items is just amazing! And on that (first or second or third...) page there is no Aljazeera, nor CNN, nor Foxnews, nor Skynews, nor BBC News, nor Le Monde, nor Le Figaro, nor Bild Zeitung, nor  Sun, Daily Express, etc. The fact is that when you type 'obama, al qaeda, libya' on Google, you will find my 'little' blog before a lot of other famous websites... Ha! Ha! Ha!

But it is not my main purpose. Then it is clear that the Internet is going to become the real MAINSTREAM MEDIUM, and for that reason we must be absolutely intractable and faultless when allowing ourselves to produce things going to be read by many people around the world.




Links - Liens :  01  -  02

Obama and his puppets alongside Al Qaeda in Libya: back to the Wikileaks' files. Obama et ses larbins soutenant Al Qaida en Libye : retour au fichier Wikileaks. Episode 2/2

First version of this text: August, 13th, 2011. This is a new enriched version.
Ce texte a déjà paru le 13 août 2011 et il est représenté ici avec des rajouts.



Do you want to read this text in your own language? (Diese Seite übersetzen. Traducir esta página.  Lefordítani ezt az oldalt a magyar. перевести эту страницу на русский язык. Tafsiri ukurasa huu. ترجمه این صفحه را به زبان فارسی . ترجمة هذه الصفحة إلى العربية).  Get the browser "Chrome". فقط اضغط . Just click... here or... here. 


Avant-propos - Foreword

Les fichiers Wikileaks ou ces dossiers qu'Obama et les criminels de l'ONU-OTAN auraient tellement aimé faire disparaître !

The Wikileaks files or those documents that Obama and the UN-NATO criminals wished so much let disappear!

Gouverner c'est prévoir !, dit la sagesse populaire ! Et ça serait quoi, le contraire de la sagesse ?

Bien évidemment, il était difficile de faire l'impasse sur les télégrammes rapportés par Wikileaks sur la Libye, où l'on constate que les diplomates américains ont bien fait leur travail, en relayant les informations collectées par leurs informateurs sur le terrain, notamment dans cette fameuse région de la Cyrénaïque, dont le centre est Benghazi.

Ces documents ont quelque chose à la fois de banal et d'impressionnant. Ce qu'ils révèlent, en tout cas, c'est que l'Administration américaine savait quasiment tout, à savoir que la région de Benghazi était un pôle de recrutement de jeunes Libyens pour le Djihad, notamment en Irak. Des jeunes naturellement farouchement anti-américains !

Sur un plan plus prosaïque, je suis allé sur le site natif de Wikileaks et ai récupéré ces fiches, qui se présentent sous la forme de quinze chapitres dont le premier (présenté ci-dessous sous la forme originale.) résume l'ensemble. C'est cet ensemble que je vous présente ci-dessous, tel que traduit par mes soins.

Important : ma conception de l'Internet est telle que je considère que  le réseau mondial est le lieu majuscule de la gratuité, de la convivialité et du partage. Par conséquent, je suis un chaud partisan du libre accès des documents librement postés par leurs auteurs sur le web, et ce, à une réserve près, que l'on s'impose la discipline élémentaire consistant à citer ses sources (par exemple en insérant un lien de renvoi), comme je m'attache à le faire moi-même. Simple question de bienséance.

Ah, j'oubliais : par "xxxxx", il faut entendre les noms des informateurs, nécessairement masqués pour garantir leur anonymat. Par ailleurs, dans le texte original, la formule GOL revient souvent, dont j'ai déduit qu'elle ne pouvait se comprendre que par "Government Of Libya" (gouvernement de Libye).

According to a popular French wisdom, ruling people means foreseeing things! And what would be the opposite of wisdom?

Of course, it was difficult to ignore the diplomatic cables reported by Wikileaks on Libya, where we can only notice that U.S. diplomats have done a quite good job, relaying the information collected by their informants on  site, including that famous region of Cyrenaica, with its center : Benghazi.

Those documents have something of both ordinary and impressive. What they anyway reveal to us is that the U.S. administration knew almost everything about the very situation in Libya, beginning with the fact that the Benghazi region was a center of recruitment of young Libyans to Jihad, especially to Iraq. Young people being naturally fiercely anti-American!

On a more prosaic basis, I went to the website of Wikileaks and collected some files that I first translated into French. By the way, it seems that the original web page is no longer available. The fact is that it was no longer possible to reach the original version. For that reason I looked for other sites currently displaying the files, and have decided to display parts or the English version on this blog. 

Oh, I almost forgot: the formula "xxxxx" should be understood as names of informants, necessarily masked to ensure their anonymity. Moreover, in the original the acronym GOL often appears, which I deduced to mean "Government of Libya".

The Wikileaks files are the very proof of the absolute cynicism of Obama and all his European and Arab puppets, showing that all those folks have got no moral at all, trying to destroy a peaceful country alongside one of their alleged worst enemies : Al Qaeda (Ha! Ha! Ha!). But we all know that Al Qaeda is nothing but a Western invention ! 



E.O. 12958: DECL:  2/15/2018 
TAGS: PGOV PREL KISL PTER LY IZ
SUBJECT: EXTREMISM IN EASTERN LIBYA 

TRIPOLI 00000120  001.2 OF 004 


CLASSIFIED BY: Chris Stevens, CDA, Embassy Tripoli, Dept of State. REASON: 1.4 (b), (d)

1.(C) Summary: A U.S.-Libyan dual national who regularly visits family members in eastern Libya recently described for us social, political and economic factors that have contributed to and facilitated participation by a disproportionately large number of eastern Libya's native sons in "martyrdom acts" and other insurgency operations in Libya and Iraq. A reportedly deliberate GOL policy to keep the east poor as a means by which to limit the potential political threat to Qadhafi's regime has helped fuel the perception among many young eastern Libyan men that they have nothing to lose by participating in extremist violence at home and in Iraq. The prospect of financial compensation for their impoverished families motivates some, but local pride in eastern Libya's historical role as a locus of opposition to occupying forces of various stripes is also an important factor. The fact that eastern Libyan mosques are more numerous and remote, together with tight local social networks, has reportedly circumscribed the ability of GOL security organizations to monitor and control the activities of radical imams as effectively as elsewhere in Libya. Unlike the rest of the country, sermons in eastern Libyan mosques are laced with phraseology urging worshippers to support jihad in Iraq and elsewhere through direct participation or financial contributions. While senior regime figures, including Saif al-Islam al-Qadhafi, appear to have recognized that the east merits more attention and investment, the reported ability of radical imams to propagate messages urging support for and participation in jihad despite GOL security organizations' efforts suggests that claims by senior GOL officials that the east is under control may be overstated. End summary.

2.(S/NF) In a meeting February 5, U.S.-Libyan dual national XXXXXXXXXXXX(strictly protect) told P/E Chief that eastern Libya remains a locus of extremist activity over which GOL security services have comparatively limited control.

GOL KEEPS EAST POOR TO KEEP IT POLITICALLY DISENFRANCHISED...

3.(S/NF) XXXXXXXXXXXX said eastern Libya suffers from a disproportionately high level of unemployment, particularly for young men between the ages of 18 and 34. "At least half" of the young men in that demographic are unemployed or only intermittently employed. The situation reflects in part the Qadhafi regime's belief that if it keeps the east poor enough, it will be unable to mount any serious political opposition to the regime. Explaining the rationale, he cited a Libyan proverb: "If you treat them like dogs, they will follow you like dogs".

... BUT RECENT VIOLENCE SUGGESTS GOL'S APPROACH FLAWED

4.(S/NF) XXXXXXXXXXXX said recent events in Benghazi and Derna suggest that the GOL's premise is flawed. Family members with whom he is in regular contact told him during his visit that there were violent clashes between local extremists and GOL elements late last year. In one incident, extremists opened fire in proximity to a Benghazi hospital in connection with their attempts to secure medical assistance for a sick or injured comrade. In another, there was an explosion or an exchange of gunfire (accounts differed) at a traffic circle in a Benghazi exurb in connection with an attempt by a police officer to stop a vehicle being used by extremists. (Note: Both incidents were reported late last year in other channels. This is the first mention we've heard of these events from other sources. End note.) XXXXXXXXXXXX also offered non-specific accounts of raids by extremists, whom they understood to be affiliated with the Libyan Islamic Fighting Group, on police and military installations to secure weapons.

"NOTHING TO LOSE"

5.(S/NF) Citing conversations with relatives, XXXXXXXXXXXX said the unemployed, disenfranchised young men of eastern Libya "have nothing to lose" and are therefore "willing to sacrifice themselves" for something greater than themselves by engaging in TRIPOLI 00000120 002.2 OF 004 extremism in the name of religion. "Their lives mean nothing and they know it, so they seek to give meaning to their existence through their deaths", he said. The lack of jobs and dim prospects for future employment, together with increased costs of living, mean that many young men lack the means to marry, leaving them without a key measure of social status and stability in what remains a traditional society. As in parts of neighboring Egypt, the average age at which men marry has increased in many parts of eastern Libya. Many now marry in their early to mid-30's, which would have been considered "middle age" in the not too distant past.

COMPENSATION FOR MARTYRS' FAMILIES AN INCENTIVE FOR SOME

6.(S/NF) XXXXXXXXXXXX flatly stated that some young men, particularly those from more impoverished clans, are motivated by the promise of long-term financial compensation for their families should they complete "martyrdom acts" in Iraq or elsewhere. Noting that incomes in the east are low, he offered that extremist networks are able to incentivize young men to kill themselves by offering comparatively small payments of 150-200 Libyan dinar/month (approximately 120-160 USD/month) to families of "martyrs". (Note: As a point of reference, most government salaries range from 250 to 330 Libyan dinar per month. End note.)

"PERVERSE PRIDE" AS GEOGRAPHICAL LOCUS OF RESISTANCE A DRAW FOR OTHERS

7.(S/NF) The fact that the east has been comparatively disenfranchised, together with its historical role as a locus of opposition to the Ottoman and Italian occupations, contribute to a "perverse sense of pride" among eastern Libyans in their role as a main supplier of young men for jihad efforts in Iraq and elsewhere, XXXXXXXXXXXX said. He recounted a large dinner in Derna hosted by a family friend that he attended in summer 2007. Conversation among the mostly middle-aged male group of guests focused on news that two young men from Derna had recently killed themselves in suicide operations in Iraq. Dinner guests offered a mix of "condolences and congratulations" to the two young men's relatives.

8.(S/NF) XXXXXXXXXXXX said he was struck by the level sentiment against Coalition forces in Iraq, and by the obvious pride the dinner guests took in the fact that two of their native sons had "struck a blow" against "occupying Crusader forces in Iraq". He emphasized that the dinner was one of the relatively few occasions in Libya in which he felt uncomfortable by dint of having U.S. citizenship. In XXXXXXXXXXXX view, eastern Libyans are not necessarily anti-American, but are strongly opposed to a U.S. military presence in Iraq or any other Muslim country. In the 1980's, the talk had been directed against the Soviet occupation of Afghanistan; now, it was focused on the U.S. presence in Iraq.

9.(S/NF) Noting that the leader of Libya's resistance against the Italian occupation in the early 20th century, national hero Omar Mukhtar, was from the eastern village of Janzour, XXXXXXXXXXXX cautioned that it would be a mistake to think that young men from Derna were motivated to undertake suicide operations in Iraq solely by unemployment and the chance to secure a stipend for their families The region had a long, proud history of opposing occupation forces of one stripe or another; its residents took pride in their willingness to "fight for justice and their faith" despite their relative poverty.

IRAQ SEEN AS A "LOCAL" ISSUE FOR YOUNG EASTERN LIBYANS

10.(S/NF) XXXXXXXXXXXX noted that for many young eastern men, jihad in Iraq was perceived to be a local issue. Among the factors fueling that perception, he pointed to the proselytizing influence of Libyan fighters who had fought in Afghanistan and now recruited young eastern Libyans for operations in Iraq, the influence of Arabic-language satellite television broadcasts, use of the Internet to exchange information and coordinate logistics, and the comparative ease of travel to/from Iraq. During his last visit to the east, relatives and friends cited media reports to the effect that Libyans, most of them from Derna and points east, comprised the second largest cohort of foreign fighters identified in documents seized during last September's Objective Massey operation on the Syria-Iraq border. XXXXXXXXXXXX noted that a majority of those in Derna who raised the issue appeared to take pride in the fact that their small city had contributed disproportionately to the jihad against coalition forces in Iraq. TRIPOLI 00000120 003.2 OF 004

"CODED" MOSQUE SERMONS MORE RADICAL IN EAST

11.(S/NF) XXXXXXXXXXXX partly attributed the fierce mindset in Benghazi and Derna to the message preached by imams in eastern Libyan mosques, which he said is markedly more radical than that heard in other parts of the country. XXXXXXXXXXXX makes a point of frequenting mosques whenever he visits Libya as a means to connect with neighbors and relatives and take the political pulse. Sermons in eastern mosques, particularly the Friday 'khutba', are laced with "coded phrases" urging worshippers to support jihad in Iraq and elsewhere through direct participation or financial contributions. The language is often ambiguous enough to be plausibly denied, he said, but for devout Muslims it is clear, incendiary and unambiguously supportive of jihad. Direct and indirect references to "martyrdom operations" were not uncommon. By contrast with mosques in Tripoli and elsewhere in the country, where references to jihad are extremely rare, in Benghazi and Derna they are fairly frequent subjects.

ARCHITECTURE, GEOGRAPHY COMPLICATE GOL CONTROL OF EASTERN MOSQUES

12.(S/NF) Part of the difficulty for GOL authorities in controlling eastern mosques is that the most zealous imams tend to preach in small suburban and rural mosques. He mentioned the almost festive atmosphere of one trip, when relatives gathered to travel to a remote rural mosque to hear a "controversial" imam's sermon. Unlike Tripoli, mosques in the east tend to be smaller and more numerous, making it harder to monitor all of them. Architecture and local heritage also play a role: many mosques in the east don't physically resemble traditional mosques elsewhere in the country, reflecting in part the pseudo-secret tradition of the Sanussi lodges that evolved in eastern Libya in the mid-19th century. The fact that many eastern mosques are less readily identifiable make it harder for GOL security organizations to identify them and easier to hold unobserved meetings and sermons, XXXXXXXXXXXX said. He claimed that it is "widely known" in the east that mosques in town centers are more closely monitored by GOL security organizations; however, it has been more difficult for security organizations to monitor smaller, more remote mosques in exurbs and towns around Benghazi and Derna.

AS DO TIGHT FAMILY, SOCIAL CIRCLES

13.(S/NF) Citing conversations with relatives, XXXXXXXXXXXX said it is "common knowledge" that GOL security organizations attempt to monitor mosque sermons and activities, particularly Friday 'khutba' sermons. (Note: In Tripoli and other parts of the country, an officially-sanctioned Friday 'khutba' theme and talking point-equivalents are distributed to mosques, often by facsimile. End note.) In addition to the proliferation of smaller, less visible mosques, the ability of security organizations to effectively monitor eastern Libyan mosques is circumscribed by the comparatively tight social and familial structure. Communities in the east tend to be smaller and more tightly knit; outsiders are easier to spot and families "watch out" for members who may have been turned by GOL security organizations to report on the activities of their relatives and neighbors.

14.(S/NF) XXXXXXXXXXXX related the story of a young man from Derna who was recently suspected of reporting to GOL security organizations on who attended his local mosque and what was said there. The alleged informant was ostracized by his fellow worshippers, townsmen and even family members. After losing his job, reportedly in part because of his "treachery", he fled to Egypt and has not been heard from since.

15.(S/NF) Comment: XXXXXXXXXXXX account affords a relatively rare insider's look at the social, political and economic factors in eastern Libya that have contributed to and facilitated participation by a disproportionately large number of its native sons in "martyrdom acts" and other insurgency operations in Iraq. Conventional wisdom holds that the east is poorer and more disenfranchised in part by deliberate design; however, senior GOL officials have recently made a point of spending more time and investing more effort there. Saif al-Islam al-Qadhafi, the regime's most public face of political and economic reform, chose to hold the first and second meetings of his annual Youth Forum in Benghazi in 2006 and 2007, and gave important addresses to large crowds there. In the run-up to both events, he spent considerable time in and around Benghazi, promoting economic and social development projects under the auspices of the ostensibly non-governmental Qadhafi Development Foundation, which he heads. Among them was a billion dollar-plus "green" project for development of an environmentally-friendly tourism/business zone TRIPOLI 00000120 004.2 OF 004 adjacent to the Graeco-Roman ruins at Cyrene, near Benghazi. Work on an extensive renovation of Benghazi's port, designed to help rejuvenate shipping volume and create local jobs, also continues. The most troubling and difficult aspect of XXXXXXXXXXXX's account is the pride that many eastern Libyans, particularly those in and around Derna, appear to take in the role their native sons have played in the insurgency in Iraq. The reported ability of radical imams to propagate messages urging support for and participation in jihad despite GOL security organizations' efforts suggests that claims by senior GOL officials that the east is under control may be overstated. End comment. 



Wikileaks (la source rattachée à ce lien semble définitivement "morte" ; mais je la maintiens quand même ici, au cas où... J'ai donc dû me rabattre sur une autre source...)


15 items. Présentation de l'original (ci-dessus) et de la traduction en français de la totalité des 15 items. Sans commentaire.

1. Résumé : Un témoin détenant la double nationalité américano-libyenne, qui visite régulièrement les membres de sa famille dans l'Est de la Libye, a récemment décrit pour nous les facteurs sociaux, politiques et économiques qui ont contribué à accroître la participation d'un nombre anormalement élevé de ressortissants originaires de l'Est de la Libye dans des "actes de martyre" ou d'autres opérations insurrectionnelles en Libye et en Irak. Une politique délibérée du gouvernement libyen, visant à maintenir l'Est du pays dans un état de pauvreté, de manière à restreindre les risques potentiels de voir s'y développer toute contestation politique dirigée contre le régime de Kadhafi, a contribué à entretenir le sentiment, parmi de nombreux jeunes de l'Est, qu'ils n'avaient rien à perdre en participant à des actes de violence extrémiste tant dans le pays qu'en Irak. La perspective d'une compensation financière pour les familles paupérisées (des martyrs) peut être une motivation, mais la fierté locale tenant au rôle historique de la Libye, notamment de l'Est, comme foyer de l'opposition aux forces d'occupation de toutes sortes est également un facteur important. Le fait que les mosquées de l'Est du pays sont plus nombreuses et plus éloignées (des centres névralgiques de l'Ouest ?), de même que des réseaux sociaux locaux assez denses, peuvent expliquer la difficulté, pour les services de sécurité gouvernementaux, de surveiller et contrôler les activités des imams radicaux aussi efficacement que dans d'autres parties du pays. Contrairement au reste du pays, les sermons des mosquées dans l'est de la Libye sont truffés d'une phraséologie exhortant les fidèles à soutenir le djihad en Irak et ailleurs par le biais d'une participation directe ou de contributions financières. Alors que des personnalités importantes du régime, y compris Saif al-Islam al-Kadhafi, semblent avoir reconnu que l'Est mériterait une attention accrue ainsi que plus d'investissements, la capacité manifestée par des imams radicaux, aux dires des témoins, pour propager des messages invitant la population à soutenir et à participer au , et ce, en dépit des efforts des organes de sécurité gouvernementaux, suggère que les affirmations de hauts fonctionnaires gouvernementaux, selon lesquels l'Est du pays serait sous contrôle, seraient manifestement exagérées. Fin du résumé


2. Lors d'une réunion tenue le 5 février, le citoyen xxxx, détenteur de la double nationalité américano-libyenne (anonymat strictement protégé) a dit au chef du P/E (?) que l'Est de la Libye restait un lieu d'activité extrémiste sur lequel les services de sécurité du gouvernement n'avaient que peu de contrôle.


3. Le gouvernement lybien maintient l'Est du pays dans la pauvreté de manière à le conserver dans un état de soumission politique

xxxxx déclare que l'Est de la Libye souffre d'un niveau anormalement élevé de chômage, en particulier pour les jeunes hommes âgés de 18 à 34 ans. "Au moins la moitié" des jeunes hommes de cette tranche d'âge sont au chômage ou employés intérimaires. La situation s'explique en partie par la conviction du régime de Kadhafi que s'il maintient la région dans un état de pauvreté constante, cette dernière sera incapable de susciter une opposition politique sérieuse au régime. Expliquant cet état de fait, il a cité un proverbe libyen : "Si vous les traitez comme des chiens, ils vous suivront comme des chiens".


4. Mais la violence récente suggère un point de vue gouvernemental erroné

xxxxx dit que les événements récents survenus à Benghazi et Derna suggèrent que les spéculations du gouvernement sont erronées. Des membres de la famille avec lesquels il est en contact régulier lui ont dit lors de sa dernière visite qu'il y a eu des affrontements violents entre extrémistes locaux et représentants du gouvernement à la fin de l'année dernière. Lors d'un de ces incidents, les extrémistes ont ouvert le feu à proximité d'un hôpital de Benghazi, lors d'une tentative visant à  obtenir de l'aide médicale pour un de leurs camarades malade ou blessé. Il y a eu aussi une explosion ou un échange de tirs (les avis divergent) à un rond-point dans un faubourg de Benghazi alors qu'un agent de police tentait d'arrêter un véhicule utilisé par les extrémistes. (Note: Les deux incidents ont été signalés l'année dernière via d'autres canaux C'est la première fois que nous avons entendu parler de ces événements à partir d'autres sources. Note de fin...)  xxxxx a également évoqué allusivement des attaques menées par des extrémistes qui semblent avoir été des membres du Groupe islamique combattant libyen ; ces attaques visaient la police et des installations militaires dans le but de se procurer des armes.


5. "Rien à perdre"

Citant des conversations qu'il a eues avec des parents, xxxxxx dit que les chômeurs, les jeunes gens privés de leurs droits, à l'Est du pays, "n'ont rien à perdre" et sont donc "prêts à se sacrifier" pour quelque chose de plus grand qu'eux, en se livrant à Tripoli à des actes extrémistes au nom de la religion. "Leurs vies ne veulent rien dire et ils le savent, alors ils cherchent à donner un sens à leur existence à travers leur mort", a-t-il déclaré. Le manque de travail et les faibles perspectives d'emploi, ainsi que l'augmentation du coût de la vie, font que de nombreux jeunes gens n'ont pas les moyens de se marier, ce qui les voit privés de tout accès à un statut social et les prive de stabilité dans ce qui reste une société traditionnelle. Comme dans certaines parties de l'Egypte voisine, l'âge moyen auquel les hommes se marient a augmenté dans de nombreuses régions de l'Est de la Libye. Beaucoup se marient aujourd'hui au début voire à la moitié de la trentaine, ce qui aurait été considéré comme un âge déjà avancé dans un passé pas si lointain.


6. Indemnisation des familles des martyrs considérée comme incitatrice aux yeux de certains

xxxxx a carrément déclaré que certains jeunes gens, en particulier ceux des clans les plus pauvres, sont motivés par la promesse d'une compensation financière à long terme pour leurs familles s'ils commettaient des "actes de martyre" en Irak ou ailleurs. Notant que les revenus des habitants de l'Est sont faibles, il a fait entendre que les réseaux extrémistes sont capables d'inciter les jeunes hommes de se tuer en offrant des sommes relativement modestes de 150-200 dinars libyens par mois (environ 120-160 $/mois) aux familles des "martyrs". (Note : Comme élément de référence, la plupart des salaires gouvernementaux vont de 250 à 330 dinars libyens par mois. Note de fin..)


7. Une "fierté perverse" comme lieu géographique de la résistance, génère de l'attrait pour d'autres personnes

Le fait que l'Est ait été relativement démuni, conjointement à son rôle historique en tant que foyer de l'opposition à l'Empire ottoman et à l'occupation italienne, contribue à un "sentiment de fierté perverse" parmi les Libyens de la région dans leur rôle de principaux fournisseurs d'hommes jeunes enrôlés pour le djihad en Irak et ailleurs, xxxxxxx a rendu compte d'un grand dîner à Derna, chez un ami de la famille, et qui s'est tenu à l'été 2007. Les conversations entre les hommes, la plupart d'âge mûr, qui se trouvaient là, étaient axées sur les nouvelles selon lesquelles deux jeunes hommes de Derna avaient été récemment impliqués dans des attentats suicide en Irak. Des invités au dîner ont adressé à la fois des condoléances ainsi que des félicitations aux parents des deux jeunes hommes.


8. xxxxxx dit avoir été frappé par la forte réprobation contre les forces de la coalition en Irak, et par la fierté évidente des convives dans le fait que deux des fils du pays avaient "porté un coup" aux "forces d'occupation des Croisés en Irak". Il a souligné que ce dîner fut l'une de ces circonstances relativement rares, en Libye, où il s'est senti mal à l'aise du fait de sa citoyenneté américaine. De son point de vue, les Libyens de l'Est ne sont pas nécessairement anti-américains, mais sont fortement opposés à une présence militaire américaine en Irak ou dans tout autre pays musulman. Dans les années 1980, ce rejet visait l'occupation soviétique en Afghanistan, et maintenant, il s'est tourné vers  la présence américaine en Irak.


9. Notant que le chef de la résistance libyenne contre l'occupation italienne, au début du 20e siècle, le héros national Omar Mukhtar, venait du village de Janzour, situé à l'Est du pays, xxxxxx a averti que ce serait une erreur de penser que les jeunes gens de Derna étaient motivés par des opérations suicide en Irak uniquement en raison du chômage et dans l'espoir d'obtenir une compensation financière pour leurs familles. La région a une longue histoire, empreinte de fierté, qui l'a vue s'opposer à des forces d'occupation de toute obédience. Ses habitants sont fiers de leur volonté de "lutter pour la justice et pour leur foi religieuse", et ce, malgré leur pauvreté relative.


10. L'Irak considéré comme un enjeu "local" par les jeunes Libyens de l'Est

xxxxx a noté que pour de nombreux jeunes hommes de l'Est, le jihad en Irak est perçu comme un problème local. Parmi les facteurs qui alimentent cette perception, il a souligné l'impact du prosélytisme pratiqué par des Libyens ayant combattu en Afghanistan et qui, désormais, recrutaient de jeunes Libyens de l'Est pour des opérations en Irak, ainsi que l'influence des programmes de télévision par satellite et en langue arabe, l'utilisation de l'Internet pour échanger des informations et coordonner la logistique, et la facilité relative de voyage vers/de l'Irak. Au cours de sa dernière visite dans l'Est du pays, des parents et des amis lui ont fait part de reportages dans les médias, selon lesquels des Libyens, la plupart d'entre eux venant de Derna et de l'Est, représentaient le deuxième contingent le plus important de combattants étrangers identifiés dans des documents saisis au cours de la dernière opération "Massey" intervenue à la frontière syro-irakienne. xxxxx a noté que la majorité de ceux de Derna qui évoquaient ce problème semblaient être fiers du fait que leur petite ville ait contribué de façon disproportionnée au djihad contre les forces de la coalition en Irak. 


11. Des sermons "codés" dans les mosquées les plus radicales à l'Est

xxxxxx attribuait en partie l'état d'esprit farouche des gens de Benghazi et de Derna aux messages prêchés par les imams des mosquées dans cette partie du pays, dont il disait qu'ils étaient nettement plus radicaux que ceux entendus dans d'autres parties du pays. xxxxx insiste sur la fréquentation des mosquées, à chacune de ses visites en Libye comme un moyen de communiquer avec les voisins et les parents et de prendre le pouls politique de la situation. Les sermons tenus dans les mosquées de l'Est, en particulier la "khotba" du vendredi, sont truffés de "formules codées", invitant les fidèles à soutenir le djihad en Irak et ailleurs soit par une participation directe ou par des contributions financières. La langue est souvent assez ambiguë pour être raisonnablement qualifiée de suspecte, dit-il, mais pour les musulmans pieux, le discours est clairement incendiaire et sans ambiguïté en faveur du djihad. Les références directes ou  indirectes à des "opérations de martyre" n'étaient pas rares. Contrairement aux mosquées de Tripoli et du reste du pays, où les références au djihad sont extrêmement rares, à Benghazi et Derna, ce sont des sujets (de prêche) assez fréquents.


12. L'architecture et la géographie compliquent le contrôle des mosquées de l'Est par le gouvernement

Une partie de la difficulté pour les autorités, dans le contrôle des mosquées de l'Est, tient au fait que les imams les plus zélés ont tendance à prêcher dans de petites mosquées suburbaines (dans des zones périphériques) et rurales. Notre informateur/trice a mentionné l'atmosphère presque festive d'un voyage, à l'occasion duquel la famille s'est rassemblée pour un voyage vers une mosquée rurale éloignée, afin d'y entendre le sermon d'un imam "controversé". Contrairement à Tripoli, les mosquées de l'Est ont tendance à être plus petites et plus nombreuses, ce qui les rend plus difficiles à surveiller. L'architecture et les traditions locales  jouent également leur rôle : de nombreuses mosquées de l'Est du pays ne ressemblent pas, physiquement, à des mosquées traditionnelles telles qu'on en trouve ailleurs dans le pays, reflétant en partie la tradition "pseudo-secrète" des confréries Sanussi qui ont évolué dans l'Est de la Libye au milieu du 19e siècle. Le fait que de nombreuses mosquées de l'Est soient moins facilement identifiables complique la tâche des organes de sécurité gouvernementaux et explique qu'il soit plus facile d'y tenir des réunions et des sermons échappant à toute surveillance. (…) xxxx  a déclaré qu'il était "de notoriété publique" que, dans l'Est du pays, les mosquées situées dans les centres urbains fussent plus étroitement surveillées par les organes de sécurité gouvernementaux, mais qu'il était (donc) plus difficile pour ces mêmes organes de sécurité de surveiller des mosquées plus petites et isolées dans des bourgades et des patelins dispersés autour de Benghazi et de Derna.


13. Comment les cercles sociaux fonctionnent comme des familles très unies

Citant des conversations qu'il a eues avec sa famille, xxxxx dit qu'il est "de notoriété publique" que les organes de sécurité gouvernementaux surveillent les sermons et les activités survenant dans les mosquées, en particulier les sermons de la "khotba" du vendredi. (Note: à Tripoli et dans d'autres parties du pays, le texte des prêches de la "khotba", validés par les autorités, était distribué dans les mosquées, souvent sous la forme de photocopies.) Outre la prolifération de petites mosquées moins visibles, la capacité des organes de sécurité de surveiller efficacement les mosquées de l'Est du pays est limitée par la structure sociale et familiale relativement étanche. Les communautés orientales (de l'Est du pays) ont tendance à être plus petites et plus soudées ; les étrangers y sont plus faciles à repérer et les familles "font attention" à ceux de leurs membres qui pourraient avoir été enrôlés au sein des organes de sécurité du gouvernement pour espionner les activités de leurs parents et voisins.


14. xxxxxx a raconté l'histoire d'un jeune homme de Derna, qui a récemment été soupçonné de rapporter aux organes de sécurité gouvernementaux ce qui se disait dans la mosquée locale et qui fréquentait l'établissement. L'informateur présumé s'est retrouvé ostracisé par ses compagnons, les habitants de la ville voire par les membres de sa propre famille. Après avoir perdu son emploi, en partie à cause de sa "trahison", il a fui en Egypte et n'a pas été revu depuis.


15. xxxxxxx nous livre une description d'un rare intérêt car effectuée de l'intérieur (insider's look) sur les facteurs sociaux et économiques régnant dans l'Est de la Libye, et qui ont aidé et facilité la participation d'un nombre disproportionné des enfants du pays à des "actes de martyre" et à d'autres mouvements d'insurrection en Irak. L'opinion générale voudrait que l'Est soit plus pauvre et plus défavorisé, en partie de manière délibérée, mais, par ailleurs, de hauts responsables gouvernementaux ont récemment initié des changements visant à consacrer plus de temps à ces régions et d'y investir plus de moyens. Saif al-Islam al-Kadhafi, la personnalité la plus emblématique du régime, dans sa composante réformatrice sur le plan politique et économique, a choisi de tenir les première et deuxième réunions de son Forum annuel sur la jeunesse à Benghazi, en 2006 et 2007, et il est allé à la rencontre de foules importantes dans la région. Dans la perspective de ces deux événements, il a passé beaucoup de temps dans et autour de Benghazi, en vue d'y assurer la promotion de projets de développement économique et social sous l'égide de la fameuse organisation non-gouvernementale dite Fondation Kadhafi pour le développement, dont il est le dirigeant. Parmi les projets, on peut citer un projet "vert" de plus d'un milliard de dollars, consacré au  développement d'un tourisme respectueux de l'environnement ainsi que l'implantation de quartiers d'affaires, le tout se situant non loin des ruines gréco-romaines de Cyrène, près de Benghazi. Par ailleurs, des travaux sont en cours, visant à  une vaste rénovation du port de Benghazi, dans le but de le moderniser et d'en accroître le volume de fret tout en y créant des emplois. L'aspect le plus troublant et le plus problématique dans les comptes-rendus de xxxxxx tient dans l'orgueil que de nombreux Libyens de l'Est, en particulier dans et autour de Derna, semblent manifester dans le rôle assumé par leurs enfants dans l'insurrection en Irak. La capacité évoquée des imams radicaux, dans la  propagation de messages de soutien exhortant au djihad, en dépit des efforts des organes de sécurité gouvernementaux, suggère que les affirmations de certains hauts fonctionnaires gouvernementaux, selon lesquels l'Est du pays serait sous contrôle, semblent être des plus optimistes.


Observation : dans la rubrique "pan sur le bec !", chère au Canard Enchaîné, j'avais promis de ne pas faire de commentaire, mais quand même. Voyez ce chapitre 15. On y découvre que l'Est de la Libye avait été régulièrement et systématiquement maltraité par le régime de Tripoli, conformément à cet adage qui dit que "si tu les traites comme des chiens, alors ils te suivront comme des chiens.". Seulement voilà, un des fils du "dictateur" réalise manifestement le danger de cette politique, et entreprend de la corriger, par de grands travaux et des investissements importants (pesant des milliards de dollars américains). Et c'est précisément à ce moment-là que la révolte, je veux dire l'insurrection démarre. Vous avez dit bizarre ? Et l'on va nous dire que le régime de Kadhafi, ce n'est qu'une dictature sanguinaire ? Cette révolte libyenne me fait furieusement penser à ce qui s'est produit en Côte d'Ivoire en 2002, avec la volonté manifeste de Gbagbo d'ouvrir le pays à "l'Orient arabe" (ce sont ses propres termes), par le biais de la diplomatie, des échanges commerciaux avec les pays arabes, ainsi que par l'inauguration, à l'Université d'Abidjan, d'une chaire d'arabe. Et c'est précisément à ce moment-là que démarre un soi-disant soulèvement des musulmans du Nord. Vous avez (encore) dit bizarre ?


Tiens, by the way, soit dit en passant, faites donc une petite recherche sur l'affaire "Al Qaeda" ou "Al Qaïda" : des pages par millions, et avec ça, une impression de "silence radio" sur les grands médias français. Étonnant non ?! (Ce commentaire du 13 août est toujours d'actualité au 6 novembre 2011 et le restera  encore très longtemps, quand on voit ce qu'est devenue notre soi-disant "presse libre" !)